LPBS

Robert Mallet

« En poursuivant les missions et les principes érigés par le recteur Robert Mallet, les actions sont multiples et ciblées pour un développement harmonieux et durable de la côte picarde et de son arrière pays immédiat. »

Un humaniste en Picardie

Le patrimoine en héritage

Portrait de Robert Mallet

Robert Mallet (décédé en 2002) fut recteur de l’Académie de Paris et chancelier des Universités, mais aussi critique littéraire, poète, et — en Picardie — l’un des fondateurs de l’association LPBS en 1989.

Petit-fils et fils de collègues de Jacques Boucher de Perthes à la Société d’Émulation d’Abbeville, il hérite tôt d’une culture du patrimoine et d’un goût pour les esprits curieux. Sa formation est double — Lettres et Droit, deux thèses soutenues en 1944 — et marque son style : agir efficacement, dans le respect de la loi, à partir d’intuitions sur les idées émergentes.

À Madagascar (1959-1964), où il crée la faculté de Lettres de l’université de Tananarive, s’impose à lui « la nécessité de préserver une culture en voie de disparition ». Pour lui, le présent est aussi le patrimoine du futur.

Conférence internationale Paris, octobre 1986
Conférence internationale, Paris · 10–13 octobre 1986. « Vers l’application renforcée du droit international de l’environnement. » — archives du Fond Robert Mallet (UPJV).

1969 — 1989

Du mondialisme à l’environnement

Arrivé à Paris en 1969, dans la décennie où l’écologie s’impose dans l’opinion (Torrey Canyon 1967, Feyzin 1966), Robert Mallet s’engage dans le mondialisme — mouvement universaliste hérité des Lumières — plutôt que dans l’écologie politique contestataire. Il y voit une approche systémique du destin commun de la planète et de l’Homme.

En juillet 1974, il fonde le Mouvement Universel de la Responsabilité Scientifique (MURS) avec le CNRS, et en devient le premier président. Dix ans plus tard, le MURS publie la revue Science et Devenir de l’Homme et participe au prix Jean Rostand.

En 1989, dans un discours devant le ministre Brice Lalonde, il milite pour une « Autorité Mondiale de l’Environnement » — qui prendra forme en 1991 sous le nom de CILAME. Une vision planétaire qu’il n’abandonnera jamais, même quand son action se rapproche de la Picardie.

Réunion-débat Nature, patrimoine mondial — 1989
« Nature, patrimoine mondial — Vers une Autorité Mondiale de l’Environnement. » Réunion-débat, samedi 2 décembre 1989. — archives du Fond Robert Mallet (UPJV).

1983 — 2000

L’ancrage en Picardie

En 1983, Robert Mallet prend sa retraite et revient plus fréquemment en Picardie. La décentralisation, la loi Littoral de 1986, le Collège régional du Patrimoine et des Sites — autant d’instances où sa parole compte. Il en prend la présidence en 1984.

C’est en 1989, avec Isabelle Estienne, qu’il cofonde à Cayeux-sur-mer l’association Pour le Littoral Picard et la Baie de Somme. « Une sorte de laboratoire pour appliquer sur le littoral picard des idées qu’il souhaitait voir se développer à l’échelle mondiale. »

Pendant quinze ans, il milite pour la création de la réserve naturelle de la Baie, le contrôle des extractions de galets entre le Hourdel et Cayeux, le classement du Marquenterre (1998) puis du sud de la Baie. Il porte la voix de l’association auprès du préfet de la Somme, fait éditer un bulletin trimestriel, organise des sorties pédagogiques.

En 1998, face aux inquiétudes sur l’ensablement de la Baie, il propose une concertation publique — qui prendra la forme du colloque inaugural « La baie de Somme en question », 13 novembre 1998 à Amiens, plus de 500 participants. Une démocratie participative pratiquée bien avant qu’elle devienne la règle.

Robert Mallet en réunion avec des membres de la LPBS
Réunion des membres de l’association LPBS. — archives du Fond Robert Mallet (UPJV).

Jalons

Une vie en quelques dates

  • 1936 — Licence de Lettres ; entame des études de Droit.
  • 1944 — Soutient deux thèses : Droit (sciences économiques) et Lettres (sur Francis Jammes).
  • 1959–1964 — Premier recteur de la faculté de Lettres de l’université de Tananarive (Madagascar).
  • 1969–1983 — Recteur de l’Académie de Paris, puis chancelier des Universités.
  • 1974 — Fonde le MURS (Mouvement Universel de la Responsabilité Scientifique).
  • 1975 — Œuvre à l’inscription du littoral picard au titre de la loi de 1930.
  • 1984 — Président du Collège régional du Patrimoine et des Sites de Picardie.
  • 1989 — Cofondation de la LPBS à Cayeux-sur-mer avec Isabelle Estienne.
  • 1991 — Création du CILAME (Conseil International de Liaison pour une Autorité Mondiale de l’Environnement).
  • 1998 — Classement du site du Marquenterre ; colloque inaugural « La baie de Somme en question ».
  • 2000 — Quitte la présidence de la LPBS ; J. Mortier prend le relai.
  • 2002 — Décès. Participe encore, affaibli, au colloque « Les falaises de Picardie ».
Arrière-pays littoral — bas-champs picards
« L’arrière pays immédiat » — le territoire d’action de la LPBS, de l’embouchure de l’Authie à celle de la Bresle.

Pour aller plus loin

Documents et conférence

Cette page s’appuie sur la conférence donnée le 25 avril 2016 à l’IUTA d’Amiens par Jean-Marc et Jeanne Hoeblich, et sur les dossiers du Fond Robert Mallet conservés à la bibliothèque de l’Université de Picardie Jules Verne.