Un littoral qui se transforme
Entre Le Tréport et Ault, la côte picarde déroule une dizaine de kilomètres de falaises de craie qui reculent en moyenne de 20 à 30 centimètres par an. Plus au nord, du Hourdel à Berck, le cordon dunaire et les bas-champs forment un système beaucoup plus mobile : d’Onival à Fort-Mahon les cordons de galets, les plages de sable, les dunes et les bas-champs forment des systèmes beaucoup plus mobile : dunes blanches en migration, galets qui transitent, bancs sableux qui se déplacent au gré des courants littoraux.
Cette mobilité n’est pas un défaut. C’est le mode de fonctionnement normal d’un littoral sédimentaire ouvert, exposé aux houles de nord-ouest, de sud-ouest, à un fort marnage et aux tempêtes. Le travail de LPBS consiste à documenter ces mouvements, à les inscrire dans la longue durée, et à les rendre lisibles pour les habitants, les élus et les visiteurs.

Suivre les paysages dans la longue durée
L’association mène depuis plusieurs années un suivi de terrain pour documenter les transformations du trait de côte et des milieux naturels. Photographies récurrentes depuis des points fixes, relevés GPS, inventaires floristiques saisonniers — chaque campagne ajoute une strate à une chronique commencée bien avant nous, dans les cartes de Cassini, les photographies aériennes de l’IGN, les témoignages des anciens pêcheurs.
Les milieux observés
- Les falaises crayeuses du Tréport à Ault — recul, éboulements.
- Le cordon dunaire du Hourdel à la Baie d’Authie — mobilité de la dune blanche, fixation par l’oyat, transgression marine.
- Les marais maritimes de la Baie de Somme et de la Baie d’Authie — sédimentation, schorre, prés salés.
- Les bas-champs picards — polders, zones humides arrière-littorales, canaux, courses et fossés.
Lire le mouvement pour mieux protéger
Comprendre la dynamique d’un milieu, c’est lui donner les bons gestes — savoir où il convient de laisser la dune migrer, où il faut au contraire la maintenir, où la végétation pionnière peut s’installer librement, où le sentier doit être déplacé. Les choix d’aménagement ne sont jamais purement techniques : ils traduisent une certaine idée du paysage qu’on souhaite transmettre.
En partageant nos observations avec les communes, les gestionnaires d’espaces naturels (Conservatoire du littoral, Syndicat mixte Baie de Somme, Parc naturel marin), et le grand public, nous contribuons à un dialogue patient sur ce que signifie « protéger » un littoral qui, par nature, refuse de rester en place.


Ce suivi s’inscrit dans le programme Patrimoine maritime de LPBS, en lien avec le Conservatoire du littoral, le Syndicat mixte Baie de Somme — Grand Littoral Picard, le Parc naturel marin et l’Observatoire de la côte picarde (Cerema) et les universités.